Étude · offres fantômes
Pourquoi une entreprise publie une offre qu’elle ne pourvoira pas.
La réponse est rarement le cynisme. C'est presque toujours un empilement de raisons banales : un vivier à alimenter, un processus interne, une annonce que personne n'a pensé à retirer.
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- Sources citées en bas de page
En une réponse
Les entreprises publient des offres qu'elles ne pourvoiront pas pour six raisons principales : constituer un vivier de candidatures pour un besoin futur, tester le niveau de salaire du marché, afficher une croissance auprès des clients ou des investisseurs, satisfaire une obligation interne ou légale de publication avant une promotion, remplacer discrètement une personne encore en poste, et — la plus fréquente — simplement oublier de dépublier une annonce quand le recrutement s'arrête.
Écrit par l’équipe Klea, qui construit un agent de candidature — un parti pris assumé, énoncé en fin de guide. Les faits concurrents sont datés et sourcés ; aucun chiffre n’est inventé — voir notre méthodologie.
Six raisons, de la plus banale à la plus discutable.
- 01 L’oubli de dépublication
La plus fréquente, et la moins malveillante. Le poste est pourvu, l’équipe passe à autre chose, et l’annonce reste en ligne sur le site carrière et sur les cinq plateformes qui l’ont recopiée. Personne n’a de tâche « retirer l’annonce ».
- 02 Le vivier de candidatures
L’annonce reste ouverte pour collecter des CV en continu sur un profil récurrent — développeur, commercial, soignant. L’intention n’est pas de tromper, mais le candidat qui postule croit répondre à un poste ouvert.
- 03 Le processus gelé, pas annulé
Budget suspendu, recrutement en attente d’une validation, réorganisation en cours. L’annonce est laissée en ligne « au cas où ça se débloque ». De l’extérieur, c’est indistinguable d’un poste ouvert.
- 04 Le test du marché salarial
Publier pour voir quels profils répondent et à quelles prétentions, avant de décider d’ouvrir ou non le poste. C’est une étude de marché payée avec le temps des candidats.
- 05 L’obligation de publication
Dans beaucoup d’organisations, une promotion interne ou une mobilité doit être précédée d’une publication officielle du poste, même si le choix est déjà fait. L’annonce est réelle, le processus est déjà clos.
- 06 La vitrine
Afficher vingt postes ouverts rassure les clients, les partenaires et les investisseurs sur la santé de l’entreprise. C’est la raison la plus discutable : l’annonce n’existe que pour être vue.
Le cas du remplacement discret.
Un cas mérite d'être isolé : l'entreprise recrute pour remplacer quelqu'un qui ne sait pas encore qu'il va partir. L'annonce est alors volontairement vague, sans intitulé exact ni équipe nommée, parfois publiée sans le nom de l'entreprise.
Pour un candidat, c'est une vraie opportunité — le poste existe et il est urgent — mais elle ressemble trait pour trait à une offre fantôme. C'est l'un des cas où les signaux se trompent, et une raison de ne pas transformer la méfiance en règle absolue.
Ce que ça coûte à tout le monde.
- Aux candidats : du temps, et surtout de la confiance. Le silence après une candidature est interprété comme un rejet personnel alors qu’il n’y avait parfois aucun poste derrière.
- Aux entreprises : une réputation d’employeur qui s’abîme vite. Les candidats se parlent, les avis se publient, et une entreprise « qui recrute toujours pour le même poste » finit par le savoir.
- Aux recruteurs : des piles de candidatures ingérables pour des postes qu’ils n’ouvriront pas, et une charge qui dégrade le traitement des vrais dossiers.
- Au marché : des statistiques d’offres publiées qui surestiment la demande réelle de travail.
FAQ
Les questions qu’on nous pose.
Est-ce illégal de publier une offre sans intention de recruter ?
Les grandes entreprises publient-elles plus d’offres fantômes ?
Que faire quand on soupçonne un vivier ?
Comment une entreprise peut-elle prouver que son offre est réelle ?
Sources
- CNIL — les règles pour la gestion du personnel (données des candidats) — consulté le 2 août 2026.
- Une information est devenue fausse ? Écrivez-nous : la page sera corrigée, pas défendue.
L’autre page du dossier
Le dossier complet : Offres d’emploi fantômes : notre protocole de mesure — Klea · outil par outil : le comparatif.
Le silence n’est pas un jugement. Parfois, il n’y avait pas de poste.
Klea suit chaque candidature, classe les réponses et relance à votre place — pour que le silence devienne une information, pas une angoisse. Les inscrits de la liste d'attente essaieront en premier.